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G a z e t a
Les Amis de la Musique Polonaise
BULLETIN D'INFORMATION n° 04 - 3e trimestre 2002
éditorial Comme chaque été, la vie musicale à Paris est assez pauvre. Tant pis pour les touristes ou pour les parisiens qui ne prennent pas deux mois de vacances consécutifs. Par contre de multiples festivals foisonnent et sont organisés avec plus ou moins d'ambition afin d'attirer les vacanciers sur de nouveaux lieux de villégiature, et c'est tant mieux. Tous les moyens sont bons pour faire découvrir la musique classique à un plus large public. Pour les amoureux de CHOPIN nous conseillons le 19e Festival CHOPIN à l'Orangerie de Bagatelle au Bois de Boulogne puis du 20 au 27 juillet, les Rencontres Internationales Frédéric CHOPIN à Nohant. actualités Nouveau site internet Nous avons le plaisir dannoncer la création du nouveau site internet consacré au Concours International de Piano Milosz MAGIN. Réalisé par Alexandre BODAK, ce site comporte dores et déjà toutes les informations sur le Xe concours qui se déroulera à Paris du 13 au 18 mars 2003. Suite aux nombreuses demandes de renseignements, des pages supplémentaires seront élaborées au fur et à mesure concernant luvre de Milosz MAGIN, lhistorique du concours, la discographie des lauréats, ainsi que les nouveaux numéros de Gazeta qui pourront ainsi être consultés dès parution. (http://www.concours-magin.com)
Parmi les 3855 pièces détenues par le musée, se trouvent des manuscrits, les plus précieux étant les autographes du compositeur lui-même, ses esquisses, ses uvres achevées ainsi que ses lettres, des impressions, une collection diconographies avec des portraits réalisés de son vivant, une photothèque et des souvenirs de CHOPIN. Lune des dernières acquisitions du musée est une série de 21 gravures du XIXe siècle, offerte par le français Hubert PROUTE, portraits des amis et relations de Chopin, des artistes pour la plupart, quil évoquait dans ses lettres et parmi eux, Eugène DELACROIX, Victor HUGO ou Alfred de MUSSET.
Palais OSTROGSKI Ul. Okòlnik,1 00-368 Warszawa |
sélection livre
"Comment mener cette guerre sans accompagnement au piano ?" s'exclame, incrédule, l'un des collègues de Wladyslaw SZPILMAN au moment de la déclaration de guerre. De fait, telle est bien la question qui sous-tend le récit, par cet ancien pianiste de la radio polonaise, de sa vie à Varsovie pendant les quatre années d'occupation allemande. L'ouvrage est sous-titré : "L'extraordinaire destin d'un musicien juif dans le ghetto de Varsovie 1939-1945". "Extraordinaire", certes, comme le sont tous les combats pour la vie menés par les peuples confrontés à la dictature et à la guerre. A cet égard, le parallèle avec l'autobiographie de Cziffra (Des Canons et des fleurs) est tout à fait frappant. Après une déclaration de guerre qui provoque une véritable panique à Varsovie ("c'était sa dignité que la ville venait soudain de perdre", constate SZPILMAN), les nazis occupent Varsovie, et les premiers actes antisémites sont perpétrés, pour aboutir macabre point d'orgue ! à la constitution du ghetto, justifiée par la nécessité de "protéger la population des maladies colportées par les juifs" Les humiliations sont permanentes, comme dans cette scène glaçante où des nazis hilares forcent des juifs terrorisés à valser, sous la menace des armes, au son des orchestres de rue. Les premières rumeurs de déportation se font jour. SZPILMAN lui-même, à la différence de sa famille, échappe miraculeusement aux funestes convois vers Treblinka. Sous la menace omniprésente de rafles d'une rare violence, chacun, au sein du ghetto, cherche à survivre. Cette vie est décrite par l'auteur avec un réalisme frappant (épidémies, mendicité, cadavres jonchant le sol, flots humains, lutte pour la nourriture). Il n'épargne pas la police juive du ghetto, inféodée aux nazis et profondément corrompue. Loccupant l'affecte à des tâches matérielles. Ce n'est qu'épisodiquement qu'il peut tirer parti de son talent en jouant dans des bars. L'ouvrage bascule lorsque SZPILMAN parvient à quitter le ghetto pour se réfugier chez des amis. Commence alors l'histoire d'une vie dans la clandestinité, marquée par la solitude et la faim, ponctuée par les descentes allemandes dans l'immeuble où il se terre. Après s'être caché pendant plusieurs mois, l'auteur est finalement découvert par un officier allemand dans les dernières semaines de la guerre. Le face-à-face est décisif. SZPILMAN, à bout de force, refuse de lutter, indique qu'il est juif et pianiste. L'officier qui sait sans doute que la défaite allemande est inéluctable lui demande de jouer. Il se met au piano et, de ses doigts gourds, joue le nocturne en do # mineur de CHOPIN. L'officier l'aide alors à se cacher jusqu'à la fin du conflit. Après des mois de réclusion forcée, il sort, hagard, dans les rues de Varsovie libérée. Son récit qui avait déjà été publié en 1946 avant d'être interdit par STALINE est d'autant plus fort qu'il est simple et sobre, que jamais n'y perce un quelconque esprit haineux ou revanchard. C'est que les grandes douleurs, à défaut d'être muettes, sont dignes. (Wladyslaw SZPILMAN, Le Pianiste, Editions Robert LAFFONT, 2001, 18,20 €) Photo du film de R. POLANSKI |
sélection film
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"Le pianiste", Palme d'or du 55e festival de Cannes C'est sans doute un coup de maître que vient de signer Roman POLANSKI. Passé presque inaperçu dans les commentaires des envoyés spéciaux au Festival de Cannes, le film "Le pianiste" n'en a pas moins reçu la Palme d'or. Le jury présidé par David LYNCH a lui, compris les intentions du réalisateur franco-polonais qui, enfant a connu et subi l'horreur de cette guerre : "J'ai toujours su que, un jour, je ferais un film sur la Pologne et la deuxième guerre mondiale, mais je ne voulais pas qu'il soit autobiographique". Ce film adapté fidèlement d'après le témoignage du pianiste Wladyslaw SZPILMAN (voir présentation page précédente) a été qualifié par les critiques avertis de :"réalisation très académique, d'une étonnante et déconcertante froideur" (Le Journal du Dimanche), "d'un classicisme presque déconcertant quand on connaît l'originalité créatrice de POLANSKI on attendait plus d'invention, sinon plus de fantaisie." (Le Figaro), "il y a en effet une gêne qui naît dans la deuxième partie du film, comme si tout à coup, cette traque d'un homme égaré dans les ruines, échappant aux balles, aux bombes, aux lance-flammes, n'était plus matière à scénario. Qu'un officier allemand le découvre dans son grenier, lui fasse jouer du piano, puis décide de le protéger, prend alors curieusement l'aspect d'un cliché. Comme s'il fallait ce rebondissement pour conserver, un peu artificiellement, l'intensité de l'histoire qu'on nous a raconté jusqu'ici" (Le Parisien). Le rebondissement apprécié aurait-il été que les dents de la mer remontent la Vistule jusqu'au Ghetto de Varsovie? Roman POLANSKI répond "A l'image du livre, qui traite de cette époque avec une objectivité surprenante, j'ai voulu rester aussi proche que possible de la réalité et ne pas filmer à la manière d'Hollywood". Présenté en avant-première à Varsovie le 26 juin en présence du Président Alexander KWASNIEWSKI, c'est en Pologne que sera diffusé ce film avant d'être projeté en France à partir du 25 septembre. Nous vous laisserons le soin de juger par vous-même. |
présentation
Le magazine musical MUZYKA 21
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Créé en Pologne en 2000 par Jan A. JARNICKI, MUZYKA 21 est un magazine consacré essentiellement à la musique classique. Le numéro 1 paraît en mars 2000 sous la forme dun bimestriel édité à 5 000 exemplaires. Ce premier numéro rapidement épuisé (dont nous vous offrons un fac-similé de la couverture), suivi du succès remporté par les publications suivantes, MUZYKA 21 devient dès septembre 2000 un mensuel incontournable dans le milieu musical polonais. Ce magazine a pour particularité de promouvoir la musique polonaise et présente dans cet objectif, des pages spéciales particulièrement intéressantes concernant des compositeurs peu connus ou parfois oubliés. Outre les comptes-rendus des évènements musicaux internationaux, les portraits, les interviews, MUZYKA 21 comporte chaque mois, de nombreuses critiques de disques. Nous avons apprécié la pertinence des articles, le franc-parler des critiques musicaux et dune manière générale, la compétence de léquipe rédactionnelle composée entre autres de Jagna DANKOWSKA, Mieczyslawa DEMSKA-TREBACZ, Stanislaw DYBOWSKI, Zygmunt LAMPART, Krzysztof LIPKA, Jan NOWOWIEJSKI, Piotr ORAWSKI, Marek PODHAJSKI, Krzysztof ROTTERMUND, Walentina WEGRZYN, Krystyna WINOWICZ et Andrzej WRÒBEL. Nous recommandons vivement à tous nos lecteurs de langue polonaise de souscrire un abonnement à ce magazine de grande qualité, édité par ACTE PREALABLE. |
Site Internet : www.muzyka21.terra.pl
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LEcole Nationale de Danse de Varsovie, " Roman TURCZYNOWICZ "
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La fondation de lEcole de Danse remonte précisément au mois de juillet 1818 lorsque le directeur de lOpéra National -TEATR WIELKI, Ludwik OSINSKI, fait appel au maître de ballet, chorégraphe et pédagogue français, Louis THIERRY en vue de former des danseurs de qualité pour les besoins de la scène varsovienne. Une audition est alors organisée pour recruter dix garçons et dix jeunes filles pouvant se présenter au directeur, avec lautorisation de leurs parents. |
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LEcole de Danse existe ainsi dans le cadre du TEATR WIELKI et léquipe pédagogique est renforcée de Maurice PION et Henri DEBRAY, représentants de " lécole française ". Elle est dirigée ensuite par les plus grandes figures du ballet romantique tels les célèbres maîtres italiens, Filippo TAGLIONI et Carlo BLASIS. Parmi eux, le polonais Roman TURCZYNOWICZ (qui donnera son nom à lécole) dont le souhait est bien sûr daligner le niveau du corps de ballet de lOpéra de Varsovie au rang des autres capitales mais également de créer des ballets au caractère spécifiquement polonais. Il faut citer parmi les divers directeurs qui se sont succédés, Enrico CECHETTI (de 1902 à 1905) puis Piotr ZAJLICH (de 1918 à 1934) et Leon WÒJCIKOWSKI (de 1952 à 1960), deux grands danseurs, en particulier des Ballets Russes de Serge DIAGHILEV et de la Compagnie Anna PAVLOVA. En 1949, dans Varsovie en ruines, un noyau de pédagogues tente de recréer lEcole de Danse dans des locaux vétustes ayant échappé aux bombardements. En 1951, à linitiative dArnold SZYFMAN, laile gauche du TEATR WIELKI est reconstruite pour accueillir les élèves et un programme détudes est élaboré par le Ministère de la Culture et des Arts afin dinstaurer une formation de danseur professionnel parallèlement à des études générales. Enfin, à la rentrée scolaire de 1955, un bâtiment moderne situé juste en face de lentrée des artistes du TEATR WIELKI, rue MOLIERE, est alloué définitivement à lécole, avec des locaux somptueux et des conditions de travail exemplaires qui sont à lorigine de résultats probants. |
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La photo ci-dessus représente Wojciech WIESIOLOWSKI, plus connu en France sous le nom de Wojtek LOWSKI. |
Nationalisée vers les années 1960, lEcole de Danse débute une collaboration avec des professeurs issus du BOLCHOÏ et du KIROV venus transmettre la méthode russe, réputée dans le monde entier. En un demi siècle, lEcole Nationale de Danse de Varsovie a formé plus de huit cents danseurs dont de nombreux chorégraphes et pédagogues, qui font connaître leur art sur les scènes et dans les écoles du monde entier. |
Dans le numéro 36 du magazine "Danse Light", daté de juillet-août 2002, vous trouverez un reportage complet sur l'Ecole Nationale de Danse de Varsovie.
"Gazeta" est le bulletin d'information trimestriel de l'association (loi 1901) "Les Amis de la Musique Polonaise", diffusé gratuitement auprès de ses adhérents et sympathisants. 31, rue David-d'Angers ; F-75019 Paris ; Tél. + fax : 33.(0)1.42.08.40.61 ; e-mail : musiquepolonaise@aol.com