G a z e t a

Les Amis de la Musique Polonaise

 

BULLETIN D'INFORMATION

n° 05 - 4e trimestre 2002

 

éditorial

Et voilà qu’en ce début d’octobre, nous soufflons notre première bougie avec la parution de ce cinquième numéro de la Gazeta. Vos marques d’intérêt nous ont encouragés tout au long de cette première année, dans cette démarche de présentation et de sélection d’évènements marquants, liés à la culture polonaise et ponctués d’informations concernant la carrière des lauréats du Concours International de Piano – Milosz MAGIN. Nous sommes heureux de constater que nombre de ces pianistes qui après avoir découvert par le biais du concours, la diversité et la beauté de la musique polonaise, adoptent désormais ces œuvres et choisissent de les faire connaître lors de concerts et enregistrements de disques. Nous rapportant chaque fois leurs vifs succès, ils contribuent à un niveau mondial, à la diffusion de ce répertoire original, poursuivant délibérément l’œuvre entreprise par Milosz MAGIN et rejoignant ainsi les vocations de notre association.

 

actualité

Assemblée générale

L’assemblée générale de l'association s'est tenue le mardi 15 octobre 2002 à Paris XVIIe dans la Maison des Anciens Combattants Polonais. Le point particulier de l'ordre du jour a été l’organisation du dixième Concours International de Piano – Milosz MAGIN qui se déroulera du 13 au 18 mars 2003.

Un compte rendu sera fait dans le prochain numéro.

Réédition

Pour créer une nouvelle collection, "les 100 Classiques", UNIVERSAL puise dans les catalogues DECCA, DEUTSCHE GRAMMOPHON, PHILIPS CLASSICS et ACCORD et réédite ces trésors en C.D. avec un packaging résolument moderne. Parmi cette centaine de C.D. qui pourront constituer une discothèque idéale, se trouvent "Les Valses" de Frédéric CHOPIN interprétées par Milosz MAGIN (réf. n° 472 250-2), extraites de l’intégrale déjà rééditée en février 2000 par ACCORD.

 

 

écho des lauréats

 

Magdalena ADAMEK

 (2ème Prix Concertiste - 1997) Elle a offert une très belle interprétation du Concerto pour piano et orchestre n°2 de Milosz MAGIN, le 26 avril 2002 à Kalisz (Pologne) avec l’Orchestre Symphonique de la Philharmonie de Kalisz sous la direction de Aleksander GREF. Né en 1975, ce chef d’orchestre, outre ses nombreuses collaborations avec divers orchestres symphoniques en Pologne et ses prestations à l’Opéra de Poznan, a fondé un orchestre de chambre spécialisé dans la création d’œuvres de compositeurs polonais contemporains.

Ce soir là, le public a pu également apprécier l’Ouverture de Karol LIPINSKI ainsi que la Symphonie n°1 de Zygmunt NOSKOWSKI.

L'en-tête du programme annonçait une soirée résolument polonaise quant au choix des compositeurs et des interprètes.

C'est le proverbe " cudze chwalicie, swego nie znacie " (approximativement vous glorifiez l’étranger sans reconnaître votre propre mérite) qui était imprimé. Normalement il se termine par " sami nie wiecie co posiadacie " (vous ne savez pas vous-mêmes ce que vous possédez). Il est fréquemment cité en Pologne.

Ces quelques mots sont extraits du poème " Wies " (la campagne) de Stanislaw JACHOWICZ (1796 – 1857), décrivant les charmes de la nature comme bucoliques, angéliques, … Il exhorte les polonais a ouvrir les yeux sur les trésors qui sont dans leur campagne alors qu'ils les recherchent dans le monde entier.

Largement citée, cette courte pensée populaire figurera ensuite dans les dictionnaires de proverbes et dictons polonais ainsi que dans diverses œuvres littéraires dont une comédie de PERZYNSKI, sans aucune reconnaissance de son auteur.

JACHOWICZ ne l’aurait-il pas lui-même " emprunté " à quelqu’un d'autre ? Dès le XVII e siècle, nous trouvons de telles sentences : "  cudze rzeczy lepsze nad swoje sadzimy " (nous jugeons les choses étrangères au dessus des nôtres " de STAROWOLSKI ou " milsze cudze " (l’ étranger est plus agréable) de POTOCKI.

Fin de cette parenthèse sur une vérité internationale…

 

Yoshimi TSUBAKI

 (3ème Prix Concertiste – 1997) La pianiste a ouvert le concert du 27 juillet 2002 au Symphony Hall à Osaka (Japon) avec le Concerto pour piano et orchestre n°3 de Milosz MAGIN. Enthousiasmé, le public a chaleureusement applaudi les artistes puis fait une longue ovation à Idalia MAGIN, épouse du compositeur, spécialement invitée à cette occasion par les organisateurs.

Nous vous livrons le message, préambule au concert, de Philippe CHATIGNOUX, Consul Général de France à Osaka et Kobé : "Yoshimi TSUBAKI est une pianiste particulièrement réputée pour son interprétation sensible et brillante de l’œuvre de Frédéric CHOPIN. J’ai eu la chance de l’entendre jouer merveilleusement au Symphony Hall à Osaka, le jour de la Fête de la Musique, le 21 juin dernier, la Fantaisie en fa mineur de ce grand compositeur français et polonais. Fidèle à son amour de la France et à son professeur de Paris, Milosz MAGIN, Yoshimi TSUBAKI nous offre, cette fois-ci, un très beau programme de musique française. Je me réjouis de cet événement musical qui présentera la première interprétation publique au Japon du Concerto pour piano n°3 de Milosz MAGIN, accompagné d’œuvres de Frédéric CHOPIN, Camille SAINT-SAËNS, Francis POULENC et Gabriel FAURÉ et je remercie les organisateurs de ce concert auxquels je souhaite un très grand succès."

 

Justine VERDIER

 (2ème Médaille Supérieur – 1999) Le 10 août dernier, les spectateurs du Festival de Saint–Gaultier ont été enchantés par le Concerto pour piano n°2 de Frédéric CHOPIN. Cette artiste, très habituée au public depuis son plus jeune âge, a fait preuve à 16 ans, d’une grande maturité musicale. En bis, elle a choisi d’interpréter de Milosz MAGIN, "Oberek" extrait du Triptyque Polonais, faisant preuve d’une vélocité étonnante puis "Nostalgie du Pays" qu’elle dédiait en cette soirée, à sa cousine récemment disparue ainsi qu’au compositeur. Le public a été bouleversé.

Elle était accompagnée par l’Orchestre "SINFONIA ACADEMICA" venu tout droit de Bialystok (au Nord–Est de la Pologne) et qui proposait en outre, un programme de grande qualité : la célèbre Aria en ré majeur de BACH, le Divertimento en fa majeur KV 138 de MOZART, l’Adagio pour cordes de MAGIN et Orawa de KILAR.

Fondé en 1998 par le Professeur Leszek SOKOLOWSKI, cet orchestre composé de jeunes musiciens était dirigé par l’un des plus talentueux chefs–d’orchestre de la nouvelle génération, Jan Milosz ZARZYCKI. Lauréat de nombreuses fois, en particulier du Concours TOSCANINI à Parme (Italie), il a dirigé dans la plupart des pays européens et collaboré avec de grands artistes tels Krzysztof PENDERECKI et Mscislaw ROZTROPOWICZ.

 

sélection des amis de la musique polonaise

 

C.D.

Magdalena ADAMEK – Piano works 1

 

Feliks NOWOWIEJSKI

Gavotte ; Conte ; Danses polonaises n°1,2 et 3 (alla Polacca) ; Marche (sous l’étendard de la paix) ; Prélude n°1 (2 versions) et n°2 ; Ballades n°1,3 et 4 ; Mazurkas n° 1 et 2 ; Marche militaire.

Production : Acte Préalable, Référence : AP0085 Distribution : High Tech Ware – Paris

Texte de présentation en polonais et anglais Durée : 58’24

Après avoir enregistré son premier CD avec des œuvres pour piano de Milosz MAGIN (AP0052, disponible au "Point d'orgue", Salle PLEYEL), Magdalena ADAMEK a poursuivi ses enregistrements pour la Maison de disques Acte Préalable avec des musiques de chambre de Romuald TWARDOWSKI (AP0059) puis de Jòzef ELSNER (AP0067). Fidèle à son ambition de promouvoir la musique polonaise, non seulement dans son pays mais également hors des frontières, elle présente et fait découvrir à chacun de ses récitals, des œuvres de grande qualité. Cette jeune aventurière du piano s’attaque courageusement aujourd’hui à des œuvres totalement inconnues de Feliks NOWOWIEJSKI et réalise ainsi une première mondiale.

 

Né en 1877 à Barczewo (Wartembork) dans la partie prussienne de la Pologne, Feliks NOWOWIEJSKI a composé ses premières œuvres à l’âge de dix ans. Diplômé du Conservatoire STERN de Berlin où il s’est perfectionné en particulier comme organiste, ce compositeur prolifique, primé de nombreuses fois pour ses œuvres, aura été joué sur toutes les scènes d’Europe ainsi qu’outre-atlantique. Patriote, il a défendu la culture et la langue de son pays qui était en lutte encore une fois, pour recouvrer son indépendance. Preuve en est le titre de certaines pièces d’inspiration polonaise tels l’opéra "La Légende de la Baltique", un cahier de chants patriotiques "La Patrie", des mazurkas, des "Danses Polonaises", etc. Malgré cette brillante carrière internationale, depuis son décès en 1946, seules restent jouées quelques compositions pour orgue mais celles pour piano ont sombré dans l’oubli.

Dure tâche et grande responsabilité en effet pour Magdalena ADAMEK d’explorer ces miniatures, certaines retrouvées sous forme de manuscrit, de choisir intuitivement la version originale plutôt que celle corrigée par les fils du compositeur et de proposer forcément une vision personnelle puisque unique et sans précédent. Comme elle le souligne elle-même dans le livret à propos des pièces enfantines : "N’est-ce pas là l’heure de vérité pour les pianistes confirmés ? Les œuvres simples sont les plus dures à interpréter. Les apparences sont trompeuses…" .

 Définir la musique de NOWOWIEJSKI ? Tantôt romantique et l’on sent l’influence de CHOPIN, puis soudain elle se libère et offre toutes les couleurs de la palette impressionniste. A noter, l’humour de la Marche " sous l’étendard de la paix ", composée à l’âge de quatorze ans et digne d’une parade de cirque ou l’ émouvant Prélude n°1 retrouvé avec l’autographe "pour ceux qui m’aiment" et 2 minutes 31 de bonheur avec le "Conte" . Indéniablement contrastée entre intimité et passion, modernité et folklore polonais, cette musique gagne ici ses lettres de noblesse, servie par une pianiste décidément inspirée, sensible et extrêmement musicale.

 Un CD à acquérir absolument par ceux qui n’avaient pu assister à sa promotion à l’occasion du concert "Hommage à Milosz MAGIN" donné le 9 avril 2002 à l’Institut Polonais de Paris, au cours duquel outre des œuvres de CHOPIN et la Sonate n°3 de MAGIN, Magdalena ADAMEK avait offert un éventail d’œuvres significatives de la création de NOWOWIEJSKI.

 

présentation

 

DISPERSION DE LA COLLECTION D'ARTHUR RUBINSTEIN

Le 3 juillet dernier ont été vendus aux enchères les biens qui meublaient la maison parisienne d'Arthur RUBINSTEIN, dont la veuve est décédée en décembre dernier.

On trouvait dans cette collection des meubles (bureau, commode, secrétaire), divers bibelots (boîte à cigares, plateaux), des tableaux anciens et modernes dont les portraits de Mr et Mme RUBINSTEIN par le peintre PORTINARI, qui seront désormais séparés car malheureusement adjugés à des enchérisseurs différents, et des photographies dont une magnifique, représentant en frac le maître avec Albert EINSTEIN et une autre en compagnie de Pablo PICASSO, dédicacée par ce dernier.

Mais bien évidemment, c'est l'aspect musical de la vente qui retenait au premier chef l'attention. Diverses partitions du maître ont été cédées, dont un exemplaire de la première édition des Etudes opus 10 de Frédéric CHOPIN, ainsi que des lettres autographes de divers compositeurs (Hector BERLIOZ, Franz LISZT, Robert SCHUMANN, Johannes BRAHMS, Camille SAINT-SAËNS, Piotr Ilitch TCHAÏKOVSKI, Claude DEBUSSY, Gabriel FAURE, César FRANCK) et des partitions autographes, parmi lesquelles le manuscrit complet de la Toccata pour piano op. 15 d'Ignacy Jan PADEREWSKI, emporté pour 2.800 €.

La pièce maîtresse de la vente était toutefois l'album de la Baronne D'ESTE, dans lequel plusieurs compositeurs du XIXème (Luigi CHERUBINI, Gioacchino ROSSINI, Ignaz MOSCHELES, Vincenzo BELLINI) avaient noté des manuscrits musicaux. Dans cet album figure l'unique manuscrit autographe de la Fantaisie-Impromptu de Chopin. Ce manuscrit diffère à plusieurs égards de la version publiée par Fontana en 1855, ce qui faisait dire à Rubinstein que l'album comportait sans doute l'édition définitive de l'œuvre. La partition est ainsi dédicacée et signée : "Composé pour Mme la Baronne D'ESTE par Frédéric CHOPIN" (indication dont le maître déduisait qu'il aurait vendu la pièce à sa dédicataire, ceci expliquant son absence de publication avant 1855). Evaluée à 60/70.000 €, cette pièce absolument magnifique (la copie, sur deux pages oblongues, est très soignée, sans aucune rature) a fait l'objet d'une bataille d'enchères rocambolesque : alors que l'on atteignait déjà les 250.000 €, un acheteur anonyme au téléphone a offert brutalement, à la surprise générale, 330.000 €. L'album, qui n'a fait l'objet d'aucune préemption, était pour lui.

"Gazeta" est le bulletin d'information trimestriel de l'association (loi 1901) "Les Amis de la Musique Polonaise", diffusé gratuitement auprès de ses adhérents et sympathisants. 31, rue David-d'Angers ; F-75019 Paris ; Tél. + fax : 33.(0)1.42.08.40.61 ; e-mail : musiquepolonaise@aol.com

 

Directrice de la publication : Idalia MAGIN - Rédactrice en chef : Margot MAGIN – Correspondant en Pologne : Marek JAGLA - Participation : Bertrand PERIER - Maquette : J-Marc MASCART - Logo : Adam SZKOPINSKI - Impression : par l'association

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