G a z e t a

 Les Amis de la Musique Polonaise

 

 

BULLETIN D’INFORMATION

 

Numéro 9

 4e trimestre 2003

Assemblée générale

Les dates du prochain et XI e Concours International de Piano - Milosz Magin ont été arrêtées et nous sommes heureux de vous annoncer que celui-ci se déroulera à Paris du 17 au 22 mars 2005.

Lors de l’assemblée générale ordinaire annuelle du mardi 14 octobre dernier qui s’est déroulée à la Maison des Anciens Combattants Polonais, le bilan du dernier concours s’est avéré positif à divers niveaux : celui du nombre et de la qualité des candidats, du retentissement parmi les médias et du succès grandissant auprès du public.

Une large programmation de concerts ainsi que d’enregistrements de musique polonaise avec la participation de lauréats est prévue pour 2004, qui ne l’oublions pas, sera l’année de la Pologne.

 

Le Congrès National de la " Polonia "

Le samedi 11 octobre 2003, le Congrès National de la " Polonia " réunissait de nombreuses associations polonaises à l’Ambassade de Pologne de Paris. Cet événement, pour le moins inattendu et particulièrement émouvant attira une foule considérable venue de toute la France.

De nombreuses associations purent ainsi se rencontrer pour la première fois, ne connaissant pour la plupart, l’existence ni des uns ni des autres et découvrir par ce biais la diversité de leurs actions respectives. Certains, venus de très loin, semblèrent tout d’abord très impressionnés par la beauté et la richesse des décorations des salons de l’Ambassade.

Après quelques mots d’accueil de Monsieur Jan Tombinski Ambassadeur de Pologne, chacune de ces associations composées de personnes d’origine polonaise, voire de français attachés à la Pologne par des liens familiaux ou amicaux, eut enfin l’occasion de se faire connaître. Quelques présidents semblèrent intimidés, d’autres émus lors de cette présentation, mais il en découla indéniablement qu’une telle démarche donnait non seulement du courage à tous ces bénévoles mais officialisait d’une certaine manière leur activité aux yeux de tous. De nombreux journalistes de la presse française conviés ce jour-là, prirent connaissance des actions menées par les personnalités qui composent l’immigration polonaise et purent apprécier la haute qualité de cette réunion.

Le magnifique déjeuner - buffet qui s’en suivit, permit à chacun d’exposer des projets, d’échanger des idées ou des impressions sur ce premier Congrès National et d’envisager de le renouveler prochainement dans diverses villes de France.

 

 Un quart de siècle de pontificat pour le pape polonais

Le 16 octobre 1978, L’Eglise élisait le premier souverain non italien depuis 455 ans. La longue lignée de papes italiens était rompue et les cardinaux choisissaient de surcroît, un homme originaire d’un pays dont le régime se proclamait athée. Karol Wojtyla succédait à Jean-Paul Ier et devenait sous le nom de Jean-Paul II, le 264e pape.

Né le 18 mai 1920 à Wadowice, dans les environs de Cracovie, le jeune Karol perd sa mère à neuf ans puis son frère à treize ans et est élevé dans la pauvreté par son père, le capitaine Wojtyla.

En 1939, la Pologne est envahie d’un côté par les nazis qui veulent anéantir l’élite polonaise, de l’autre par les Russes qui se taillent leur part de gâteau. Cette guerre coûtera la vie de millions de polonais.

Les universités fermées, l’étudiant Karol Wojtyla s’engage comme ouvrier dans une carrière où il casse des pierres à longueur de journée par - 40°C puis il travaille dans une usine où il transporte sur ses épaules des seaux remplis de chaux, accrochés à un joug de bois.

Au dire de ses camarades, il est silencieux, il prie et apporte son aide aux plus malheureux. Il montre souvent sa gaieté, adore le foot et le ski, joue dans des pièces de théâtre et en écrit certaines.

C’est à la mort de son père, en février 1941, qu’il prend la décision de se consacrer à Dieu. Mais les séminaires sont également fermés, la plupart des prêtres sont assassinés ou déportés. Karol Wojtyla finit par rejoindre un séminaire clandestin organisé par l’archevêque de Cracovie, Mgr Sapieha.

Le 2 novembre 1946, il est ordonné prêtre. C’est l’ époque où le gouvernement de son pays est sous l’emprise de Staline mais où la population avec une ferveur quasi unique dans le monde, se compose essentiellement de catholiques.

Consacré successivement évêque, archevêque, cardinal puis pape, cet apôtre de la paix continue d’apporter avec détermination et courage son même message aux différentes nations.

Outre sa simplicité légendaire, il fait preuve d’un certain sens de l’humour comme en témoigne cet extrait d’interview:

 

Est-il vrai que vous fassiez du ski ?

Parfaitement vrai.

Voilà qui est rare au Sacré Collège !

Pas en Pologne. Chez nous, la moitié des cardinaux fait du ski.

Il faut noter qu’à cette époque, il n’y avait que deux cardinaux en Pologne !

Maria Sklodowska - Curie : une reconnaissance tardive

Le Prix Nobel de physique pour la découverte de la radioactivité naturelle, a été attribué à Pierre et Marie Curie ainsi qu’à Henri Becquerel en 1903. L’Institut Curie organise 100 ans plus tard, diverses manifestations scientifiques, culturelles et caritatives.

Le programme détaillé de ces rendez-vous est disponible à l’Institut Curie (Tel : 01 44 32 40 00), à l’Institut Polonais de Paris (Tel : 01 53 93 90 10) ainsi que sur le site www.curie.fr

À l’occasion de ce centenaire, nous tenions également à nous joindre par cette présentation, à cet hommage rendu à Maria Sklodowska - Curie qui contribua largement au prestige de la recherche française. Devenue de nos jours un symbole mondialement reconnu, cette pionnière polonaise aura lutté tout au long de sa vie contre l’adversité, le sexisme ainsi que la xénophobie.

Née à Varsovie en 1867, elle grandit sous le régime tsariste, aborde la chimie avec son cousin qui dirige un laboratoire et travaille en tant que gouvernante pour la haute bourgeoisie polonaise.

En 1891, elle décide de quitter Varsovie pour intégrer la Faculté des Sciences de Paris. Elle voyage dans un wagon de 4eclasse, emporte pour tout bagage quelques robes de laine et un matelas, rejoint dans un premier temps, sa sœur Bronia puis s’installe seule, dans une chambre du Quartier Latin. Malgré des conditions de vie plus que modestes, elle décroche néanmoins une licence ès sciences et une licence ès mathématiques moins de trois années plus tard. Elle souhaite dès lors retourner dans son pays pour y enseigner, mais sa rencontre avec Pierre Curie bouleverse ce vœu.

Elle l’épouse une année plus tard, en 1895 (leur voyage de noces se résume à une balade en bicyclette en île de France). Unis par l’amour, les deux chercheurs se complètent dans leur dévouement à la science. Leurs travaux orientent toute leur existence et malgré infiniment peu de moyens, ils aboutissent en moins d’un an à la découverte du polonium et du radium.

Malgré le décès de Pierre Curie renversé par un camion à chevaux en 1906, elle trouve le courage de persévérer, devient la première femme titulaire d’une chaire à la Sorbonne, se voit décerner le Prix Nobel de chimie en 1911 et crée la Fondation Curie.

Épuisée, elle meurt en 1934 et est enterrée dans la plus stricte intimité, sans aucun discours, ni reconnaissance d’un quelconque dignitaire. Sa sœur Bronia jette sur son cercueil quelques poignées de terre polonaise.

Einstein avait dit d’elle : " Madame Curie est, de tous les êtres célèbres, le seul que la gloire n’ait pas corrompu ".

Depuis 1995 Pierre et Marie Curie reposent au Panthéon mais malgré ses deux Prix Nobel, Maria Sklodowska – Curie n’aura jamais été admise à l’Académie des Sciences…

Il existe une large sélection d’ouvrages pour mieux connaître cette femme légendaire, l’une des plus grandes figures du XXe siècle, dont l’autobiographie de Marie Curie ; " Madame Curie " d’Ève Curie ; " Marie Sklodowska - Curie et la réactivité" de Jòzef Hurwic ; " Marie Curie et le Nobel " de Karin Blanc ; " Irène Joliot-Curie " de Noëlle Loriot.

 

 Disparition

Le décès de Leszek Talko survenu au mois de juillet 2003 a beaucoup touché la communauté polonaise de Paris. Une messe solennelle a été célébrée en sa mémoire par Ks. Marian Falanczyk, le dimanche 19 octobre à la Chapelle de la Résidence Universitaire Jean-Paul II, à Arcueil.

Né en 1916 à Bobrujsk, Leszek Talko fut juriste et journaliste de métier, homme politique et militant social de vocation.

Leszek Talko commença ses études de droit à l’Université de Varsovie en 1936, mais à la déclaration de la guerre, il quitta la Pologne, traversa la Roumanie et la Yougoslavie pour arriver à Marseille. Mobilisé dans la Deuxième Division des Fusiliers de l’Infanterie, il fut dirigé par la suite vers l’Ecole des Aspirants de Coëtquidan. La déroute de la France et l’impossibilité de rejoindre l’Angleterre l’obligèrent à partir à pied du port de Saint-Nazaire et arriver trois semaines plus tard à Toulouse. De juillet à décembre 1940, il vécut dans un camp près de Nîmes, puis se rendit successivement à Voiron près de Grenoble et à Lans près de Vilard de Lans, ville où se trouvait alors le lycée polonais Cyprien Norwid. C’est à Voiron qu’il débuta son activité au sein de la résistance polonaise en France.

Lorsque les Allemands occupèrent la " zone libre " en novembre 1942, il reçut l’ordre de se frayer un passage à travers Andorre, Barcelone et Gibraltar jusqu’aux îles britanniques. Arrêté en route, il fut interné durant sept mois dans une prison de Barcelone et n’arriva à Gibraltar que durant l’été 1943. Un mois plus tard, il entra à l’Ecole des Aspirants de l’Artillerie, en Ecosse. De mai 1944 jusqu’à la fin de la guerre, il combattit avec le grade de Sous - Lieutenant dans la Première Division Blindée du Général Maczek, avec laquelle il libéra le Nord de la France, la Hollande et la Belgique.

En 1945, il reprit les études qu’il avait interrompues, à l’Université de Bruxelles puis à la Faculté Polonaise de Droit de l’Université ’Oxford et obtint deux ans plus tard, ses licences de droit administratif, de sciences politiques, de droit social ainsi que de journalisme.

C’est durant sa vie d’étudiant que Leszek Talko intégra divers mouvements socialistes et syndicalistes tant polonais que belges ou français. Correspondant pour la presse française et belge, il collabora aux journaux socialistes polonais tels que " Swiatlo " et " Robotnik " dont il devint le rédacteur en chef entre 1973 et 1985. Il travailla parallèlement pour la Radio Française dès 1950 et en 1975, fut nommé directeur de la section polonaise de Radio France Internationale.

De 1961 à 1969, il fut également sollicité par une institution gouvernementale marocaine qui assumait la responsabilité d’industrialiser ce pays.

Directeur de la section polonaise de Force Ouvrière dans les années 1980, il soutint les actions de Solidarnosc en Pologne et hors frontière.

Cofondateur et président de l’Association de la Communauté Franco-Polonaise, directeur de la Bibliothèque Polonaise de Paris, Leszek Talko occupa la fonction de président de l’Association Historique et Littéraire jusqu’à la fin de sa vie.

Outre les décorations de guerre décernées par les Polonais, les Britanniques et les Français, Leszek Talko a reçu l’insigne de la Croix de Commandeur de l’Ordre du Mérite pour ses services rendus à la République de Pologne.

 

" Gazeta " est le bulletin d’information trimestriel de l’association " Les Amis de la Musique Polonaise " (loi 1901) diffusé gratuitement auprès de ses adhérents et sympathisants. Adresse : 31, rue David - d’Angers ; F-75019 Paris - Tel & Fax : 33 (0) 1 42 08 40 61 - e-mail : musiquepolonaise@aol.com - internet : http://www.concours-magin/

Directrice de la publication : Idalia MAGIN - Rédactrice en chef : Margot MAGIN - Rédaction : Olga SZKOP - Hanna TALKO - Crédit photo : -Eric VANDEVILLE - BOYER-VIOLLET- Maquette : Jean-Marc MASCART - Logo : Adam SZKOPINSKI - Correspondant en Pologne : Marek JAGLA - Impression : par l’association - Webmaster : Alexandre Bodak

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