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INTERVIEWS de Milosz MAGIN

 

Avec Claude Rostand ( interview datée de 1970 )
Deux de mes plus grandes admirations vont à Chopin et à Ravel - nous précise Milosz Magin - et cela, pas seulement parce que je suis pianiste et que j’admire leur écriture pianistique, mais parce qu’ils sont parmi les très rares compositeurs qui n’ont pas écrit une mesure inutile. Et puis il y a chez eux, un équilibre extraordinaire entre l’inspiration et la forme. C’est là un remarquable exemple, et c’est un équilibre de ce genre que je cherche dans mes propres compositions.

- Vous croyez donc à l’inspiration ?

- Bien contrairement à ce que l’on pourrait croire à notre époque, l’inspiration existe. En ce qui me concerne, elle ne consiste nullement dans l’invasion d’un délire créateur subit, irrésistible et extra-lucide... Mais c’est un état spécial, un état favorable qui se déclare à certains moments où les idées se présentent avec clarté, puis se développent et progressent lentement mais avec une sorte de certitude. Je pense d’ailleurs qu’il doit en être ainsi pour tous les compositeurs. Autant il m’est impossible de composer volontairement, par force, contre ma volonté intérieure, autant je sens que cet état spécial m’est nécéssaire pour faire du bon travail. C’est cela que j’appelle l’inspiration.

- Je suppose que votre formation dans un pays de l’Est a été abondamment nourrie de folklore ?

- Oui, et j’ai même composé des oeuvres, les unes purement instrumentales, les autres chorégraphiques, qui sont volontairement et étroitement rattachées au folklore. Cela ne m’est pas tellement particulier ; c’est normal pour quelqu’un qui appartient à un pays dont le folklore est aussi riche que celui de la Pologne. Mais là ne se bornent pas mes ambitions : la plupart des compositions qui ont pour moi le plus d’importance et de signification personnelle, ce sont des oeuvres non folkloriques. Sans doute, une saveur de terroir plus ou moins perceptible s’y fait-elle sentir de temps à autre, parfois involontairement comme un simple accent de pays, parfois volontairement par une recherche de lignes mélodiques et de combinaisons rythmiques apparentées à la musique populaire polonaise, une sorte de folklore imaginaire. Dans ce cas, je ne me contente pas de transcrire des chants ou des danses de mon pays, mais je recherche des intonations mélodiques et des raffinements rythmiques dont le climat est celui de ma musique natale.

- Comment avez-vous résolu les problèmes de langage à une époque où le langage musical subit une si profonde mutation ?

- Ce ne sont pas tellement des problèmes pour moi, car je m’en remets principalement à mon instinct. Je connais, bien sûr, les techniques les plus modernes et les tendances de l’avant-garde ( qui ont d’ailleurs été très avancées dans mon pays natal ). J’ai travaillé le dodécaphonisme sériel dont j’ai parfois utilisé les principes. Je suis également au courant de l’extension actuelle de l’emploi de certains instruments ( par exemple percussion sur la caisse des instruments à cordes ) et il m’arrive d’en faire usage. Mais dans tout cela, il n’y a rien pour moi d’obligatoire ni de systématique. Mon instinct me porte d’ailleurs vers une musique tonale, non traditionnelle, qui peut s’élargir vers la polytonalité, voire l’atonalité, mais une sorte de conscience tonale demeure au fond de mon caractère. D’ailleurs j’aime les recherches harmoniques raffinées...

- Oui, et à cet égard, le climat général de votre musique me semble généralement plus proche de Ravel que de Bartok. Autre chose: vous ne parlez que de musique instrumentale. Êtes-vous allergique à la musique vocale ? N’avez-vous jamais eu envie d’écrire des mélodies ou la tentation de vous lancer dans un opéra ?

- Je ne sais pas si c’est de l’allergie, mais je ne me sens pas très à mon aise avec un texte. J’ai l’impression d’en être prisonnier. C’est pourquoi je n’ai jamais songé à composer un opéra. Il me semble qu’un texte enlève de la liberté. Mais, par contre, j’imagine très bien l’éventualité de composer pour la voix considérée comme un instrument, dans une vocalise par exemple. D’ailleurs, j’envisage la composition d’un concerto dont le soliste serait une voix, mais sans texte.

- Si l’opéra ne vous attire pas, vous n’êtes pas rebelle à la scène par principe, au spectacle musical ?...

- Non ! J’aime le ballet. Le ballet laisse au compositeur toute sa liberté d’invention musicale.

- Le besoin de composer remonte-t-il, comme celui de jouer du piano, à votre enfance ?

- J’ai composé très jeune, autant par un réflexe naturel que parce que j’apprenais à écrire la musique comme on apprend à parler. Il y a longtemps que je me considère comme un compositeur, mais il est évident que c’est surtout depuis l’année 1963 que la composition a pris une grande place dans ma vie : à cette époque, j’ai eu un accident d’auto qui a momentanément arrêté mon activité pianistique et je me suis mis à composer beaucoup, à réfléchir beaucoup à la composition...

 

- Vous voulez dire que vous avez réfléchi à la musique dans ses rapports avec l’homme ?

- Oui, si vous voulez...

- Et quel est le rapport que vous établissez ?

- La musique est pour moi un art d’expression subjective... un art d’expression humaine et personnelle...

- Mais vous avez parlé tout à l’heure de votre culte de la forme ?...

- Oui, bien sûr ! Et tout le problème, le seul problème, c’est justement l’équilibre entre la forme et l’expression personnelle. Pas la forme pour elle-même... Cela c’est du néo-classicisme et de l’art abstrait... Mais la forme de la pensée, la forme particulière convenant à chaque expression particulière... La forme idéale... Cela c’est pour moi... l’idéal du compositeur ! Vous voyez que je suis tout de même très ambitieux !...

 

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LES DEUX VISAGES DE MILOSZ MAGIN À PLEYEL :

LE PIANISTE ET LE COMPOSITEUR

avec René Sirvin - L’Aurore ( 20 février 1975 )

 

" Quand j’avais seize ans, une voyante de Varsovie m’a prédit une brillante carrière musicale, précisant que je serai un chef de file.", m’a dit en plaisantant le pianiste polonais Milosz Magin, qui donne demain soir un récital, Salle Pleyel.

" Cette prédiction m’a probablement influencé à une époque où j’hésitais entre la musique, la peinture et une carrière d’ingénieur en aéronautique. Mais le plus curieux est que de nombreuses années plus tard, en Allemagne, un astrologue m’a déclaré la même chose : vous serez un chef de file important dans le dernier quart de ce siècle. Et cet homme m’a dit aussi : vous avez le bras gauche cassé. Comme je protestais, il ajouta : je me trompe, en effet, vous allez vous le casser très prochainement et ceci influencera toute votre carrière. Je n’ai jamais cru en ce genre de prédiction. Mais trois mois après, dans un terrible accident de voiture, je me fracturais doublement le bras, et le gauche, en effet. Pendant trois ans, étant dans l’impossibilité de jouer du piano, j’ai composé des pièces pour piano et des oeuvres symphoniques. Et maintenant c’est vrai, je me tourne de plus en plus vers la composition !"

Et c’est pourquoi vendredi soir, nous découvrirons la Sonate pour piano de Milosz Magin interprétée par l’auteur. " Une oeuvre si difficile techniquement que les éditeurs ont hésité à la faire imprimer, pensant que personne ne pourra la jouer !". Mais finalement, la Sonate a été éditée avec d’autres compositions de Milosz Magin, et même enregistrée par l’auteur dans un disque consacré à ses oeuvres.

" Je viens de terminer un concerto * pour violon et orchestre de caractère national polonais, dont je suis particulièrement content et qui sera probablement créé par Jean- Jacques Kantorow". J’ai toujours préféré mes compositions pour orchestre ( Symphonie pour cordes, Musique des morts, Stabat Mater ) et mes trois concertos pour piano et orchestre à mes simples compositions pour le piano. Mon style ? Sûrement pas d’avant - garde ! Je ne suis pas interessé par la pure recherche sonore. Non, ma musique fait la part égale à la mélodie, au rythme et à l’harmonie. Je n’appartiens à aucune école, j’écris sans complexe ce qui me plait, tonal ou atonal ! Mes compositions ont d’ailleurs remporté un grand succès cet automne en Pologne et les jeunes m’ont réclamé les partitions. On me situe parfois entre Bartok et Ravel, mais j’espère plutôt devenir, comme on me l’a prédit, chef de file !"

Car Milosz Magin, qui vit en exil à Paris depuis très longtemps, est retourné dans son pays natal l’année dernière pour la première fois depuis dix - sept ans. Et son succès comme compositeur fut égal à son succès comme interprète de Chopin.

" Pour moi, il était très important de connaître la réaction des Polonais face à mes interprétations, que l’on dit révolutionnaires, de l’oeuvre de Chopin. Et je suis pleinement rassuré. D’ailleurs j’ai retrouvé récemment une première édition, corrigée par Chopin lui - même, qui justifie les mouvements et les nuances que j’adopte pour son oeuvre, contraires parfois aux indications de certaines éditions modernes."

Interprétations personnelles que l’on pourra également juger vendredi soir, puisque la première partie de son récital est consacrée à son compatriote.

" Pour le moment je n’ai pas à ma plaindre. J’ai retrouvé un livre de comptes de l’éditeur de Chopin qui montre qu’il ne vendait pas plus de vingt - cinq exemplaires de ses oeuvres par an. J’ai plus de chance que lui, puisque l’année dernière j’ai vendu 250 exemplaires de mes Images d’enfants ! conclut en riant le virtuose polonais.

* (Le concerto pour violon a été créé par Gérard Poulet, le 19 mars 1982 à Cannes)

 

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Avec Irène Sadowska - Guillon - Panorama Polska ( 1985 )

Pianiste et pédagogue, Milosz Magin a voulu que la musique polonaise prenne la place qui lui revient de droit dans le patrimoine musical européen. Miser plus particulièrement sur la musique contemporaine de compositeurs dont une partie est pratiquement inconnue en France, tenait du pari, tout comme le Concours lui - même. Pari difficile mais pari gagné !

Le 1 er Concours International de Piano Milosz Magin

 

ENTRETIEN AVEC SON FONDATEUR

Ce Concours n’est pas simplement une manifestation pianistique de plus qui vient s’ajouter à une vie musicale déjà très riche à Paris. C’est en quelque sorte un anneau manquant dans le réseau des concours internationaux. Par son haut niveau musical, ses critères de sélection et son ouverture vers la création et le répertoire contemporains, il s’est placé dès sa création parmi les évènements musicaux les plus intéressants à Paris.

- Milosz Magin, vous êtes à la fois pianiste, compositeur et pédagogue. Laquelle de ces activités vous tient le plus à coeur ?

- Je répondrai sans hésitation : la composition. C’est un choix et aussi le hasard. Mon accident de voiture en 1963 où j’ai eu le bras gauche fracturé, m’a empêché de jouer pendant 4 ans. Durant cette période, je me suis consacré presque entièrement à la composition et depuis, je n’ai plus cessé d’écrire pour le piano. Evidemment, j’ai fait des études de composition, entre autres avec Maklakiewicz ; j’ai composé déjà bien avant cet accident mais d’une manière moins intense. Maklakiewicz d’ailleurs était mon père spirituel : c’était lui qui m’a fait découvrir ma personnalité musicale. Je suis compositeur grâce à lui.

- Votre travail de pédagogue, est - ce une vocation récente ou avez - vous eu toujours le désir de transmettre aux autres votre savoir ?

- l’enseignement du piano est venu tout naturellement lorsque j’ai cessé de parcourir le monde entier pour mes concerts. C’est un travail très passionnant qui oblige tout le temps à se remettre en question, à se renouveler.

- Comment est née l’idée du Concours ? Quel était l’objectif de cette manifestation qui s’est inscrite désormais définitivement dans la vie musicale parisienne ?

- J’ai toujours essayé, aussi bien au cours de mes tournées à travers le monde que dans mon travail pédagogique, de promouvoir la musique polonaise. C’est cela, entre autres, l’objectif principal de ce concours. Il y a bien sûr d’autres objectifs : faire connaître des jeunes pianistes, les encourager à poursuivre leurs études et leur carrière, enfin leur donner la chance et les possibilités de se produire en public et d’enregistrer pour la radio, la télévision et pour les maisons de disques. L’idée du Concours vient d’un de mes élèves qui est directeur du Conservatoire de Royan. Il a voulu d’abord créer une manifestation consacrée uniquement à ma musique. Lorsqu’il m’en a parlé, j’ai saisi cette idée comme une excellente occasion de faire connaître les compositeurs polonais du XIXe et XXe siècles qui restent toujours peu connus en France. Je pense à J.Zarebski qui était l’élève préféré de Liszt, à I.Paderewski qui n’est pas assez joué, ou encore à Brzezinski.

- Comment jugez - vous la réception et l’audience du Concours ?

- C’était d’abord un succès de la musique polonaise. Parmi les oeuvres proposées au programme du Concours, celles de Zarebski, de Szymanowski, de Bacewicz, de Szeligowski, de Malawski ont été choisies le plus souvent par les candidats. Quant au Concours lui - même, on ne s’attendait pas à une si grande audience et surtout à des candidatures si nombreuses. Je pensais que nous nous lancions dans une entreprise extrêmement difficile, voire impossible, et que ce serait un tout petit Concours. La réalité a dépassé toutes nos attentes. Nous avions une soixantaine de candidats et la sélection a été très serrée.

- Quel est le profil des candidats et quels sont les critères de sélection ?

- Nous n’avons pas voulu créer dès le départ de limites d’âge. Le critère principal, c’est le niveau technique et musical des candidats. Nous les avons répartis selon leur niveau et leurs capacités, en 3 degrés, en permettant ainsi aux plus jeunes de se présenter dans un programme adapté à leurs possibilités. Avec ces 3 degrés, nous avons pu admettre un plus grand nombre de participants de tous âges. Le programme du degré élémentaire ne signifiait pourtant pas la facilité; il comportait entre autres une Polonaise de Chopin, des Buccoliques de Lutoslawski et mes Miniatures. Au programme du degré supérieur, il y avait d’abord les trois valses les plus difficiles de Chopin et ensuite toute une série de compositeurs : Malawski, Szeligowski, Moszumanska - Nazar, Twardowski etc.., enfin une de mes compositions, la Sonatine. Le degré concertiste comprenait les oeuvres les plus difficiles dont certaines compositions de G.Bacewicz ou de Lutoslawski. La lauréate du degré élémentaire était une petite fille de 8 ans, Céline Beaufrère, qui est venue de Cherbourg. Elle présente une musicalité rare, une grande spontanéité et une sensibilité hors du commun.

Dans l’ensemble, plusieurs nationalités ont été représentées : il y a eu des Polonais, des Français, des Anglais, un Chilien, des Hongrois, des Yougoslaves, etc... L’âge des candidats variait entre 6 et 30 ans. La moyenne d’âge était de 20 ans.

Les principaux critères de sélection des lauréats ont été : la maturité musicale, la préparation technique. Les trois épreuves finales du degré concertiste comportaient des oeuvres extrêmement difficiles qui permettaient de juger le niveau des candidats. Quant aux récompenses, le 1 er Prix représentait 10 000 F. Nous avons également offert aux lauréats une tournée en Pologne, un récital à la Salle Gaveau, des enregistrements de disques.

-Comment se dessine l’avenir des lauréats du Concours ? Seront - ils tous des pianistes professionnels ?

- Je suis persuadé qu’au moins les 4 lauréats du degré concertiste vont bientôt percer et qu’on les entendra souvent dans les salles de concert. Ronan Magill, le 1 er Prix du Concours, a déjà fait des enregistrements pour la télévision; il a dans ses projets quelques concerts : le 16 octobre prochain un récital à la Salle Gaveau à Paris, des récitals dans d’autres villes de France et une grande tournée en Pologne. Il va également enregistrer des disques. Frédéric Haulet a donné en avril dernier un concert à l’Institut Polonais de Paris. J’espère que tous nos lauréats poursuivront une carrière de pianiste professionnel. C’est ce que je leur souhaite de tout coeur.

- Quelles sont les perspectives du Concours ?

- Le prochain Concours aura lieu dans 2 ans. Nous avons déjà reçu beaucoup de demandes de participation. Je ne pense pas, du moins pour l’instant, que nous allons introduire de numerus clausus, par contre nous allons maintenir un niveau très élevé et une sélection très stricte et très sévère. Nous essaierons d’avoir des prix plus importants et enfin, compte tenu du nombre de candidats et surtout de l’impact du Concours dans le public, des salles plus grandes pour les concerts finaux. Pour les épreuves éliminatoires, nous allons certainement rester à l’Institut Polonais où nous pouvons disposer de la salle dans la journée.

- Vos propres projets dans l’avenir le plus proche...

- J’ai le projet d’une édition de toutes les oeuvres que j’ai écrites jusqu’à présent. Mais avant, tout prochainement, je vais éditer deux de mes dernières compositions : une oeuvre pour deux pianos, Divertimento de caractère très polonais et le 2 ème Concerto pour piano. Il y a aussi des projets d’enregistrement sur disques de certaines de mes oeuvres concertantes par des artistes français et polonais. Je donne également des cours d’interprétation à la fin du mois de juin 1985 à l’Amphithéatre Richelieu dans le cadre des Journées Polonaises - la musique polonaise de Chopin à nos jours - organisées par l’Université de Paris - Sorbonne.

 

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LA PASSION SELON MILOSZ MAGIN. Propos recueillis par Anne Rodet - Spectacle Infos (septembre 1990)

Pianiste célèbre, Milosz Magin est aussi compositeur.

Qui savait cependant qu’il était adepte d’autres disciplines artistiques ?

" J’ai effectué toutes mes études à Varsovie. Et très vite, dès l’âge de 16 ans, j’ai commencé à composer, d’une manière d’abord très romantique avant que je me découvre moi - même. Le concours Marguerite Long a facilité ma carrière en France, jusqu’à ce qu’un accident de voiture, en 1963, n’interrompe ma carrière pendant quatre ans. J’ai alors beaucoup composé. La maturité venant, mes compositions pour orchestre ont pris de l’assurance. J’en suis actuellement d’ailleurs à écrire une deuxième symphonie pour cordes et un concerto pour clarinette.

 Le Concours Milosz Magin

Le concours que j’ai fondé a lieu tous les deux ans. Au programme : des pages de Chopin, Paderewski, Szymanowski, Zarebski, plus des compositeurs au choix. Les candidats viennent de tous les pays, mais ils sont surtout français et polonais. Le concours a lieu à Paris. La prochaine édition se déroulera du 8 au 14 mars 1991. Les épreuves auront lieu à l’Institut Polonais, le concert des lauréats, Salle Gaveau. Il n’y a pas de limite d’âge.

 Le créateur

Je vous ai dit comment était venue la maturité. Aujourd’hui, en tant que compositeur, je me considère comme un romantique qui écrit avec le langage de notre époque. L’harmonie, la mélodie et le rythme sont les éléments constitutifs de ma musique. J’ai écrit une seule oeuvre dodécaphonique ( avec une double fugue en plus ! ) : c’était un quatuor, composé pour obtenir mon diplôme à Varsovie. Mais je ne désire pas l’entendre !

Ensuite, j’ai composé trois concertos et un concertino pour piano, un concerto pour violon, un autre pour violoncelle, des symphonies, des ballets, un Stabat Mater, des pièces pour piano et les oeuvres que je vous ai citées tout à l’heure. Les oeuvres que j’estime les plus réussies sont celles destinées aux cordes; peut - être est - ce dû au fait que j’ai étudié le violoncelle. Mais je connais aussi la flûte, le cor, etc.

En réalité, et je vais vous surprendre, mais ma passion... c’est la peinture.

Jusqu’à un passé récent, j’allais plus souvent dans les galeries qu’au concert. Mais j’ai aussi appris la danse... En fait, créer et vivre c’est la même chose.

Les jeunes artistes ? Ce qu’il faut, c’est guetter ceux qui ont quelque chose en plus à dire. J’en connais peu, mais je pourrais vous citer par exemple le nom de Jean - Marc Luisada."

 

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 F.Marly ( La République - 26 août 1996 )

Liée à l’âme polonaise, la musique de Chopin hérite de Bach, Mozart, Couperin, autant de Bellini, Rossini ou Cimarosa, accentuant son goût naturel pour le cantabile : " Cette musique ne se joue pas, elle se chante ", résumera Milosz Magin, par ailleurs auteur de brillantes pièces pour piano, concertos et oeuvres symphoniques. " J’ai le sentiment lorsque je compose, d’être conduit par une force majeure. Lorsque je joue ces oeuvres, un fluide émane du public. Je suis alors rassuré."

A l’issu du concert, épuisé, Milosz Magin s’est prêté avec grâce, dans la salle du presbytère, au jeu des mondanités : " Jouer durant vingt minutes à un tel niveau de concentration équivaut sans peine à la réalisation d’une journée de huit heures pour un travailleur. Imaginez ce que représente un récital de deux heures.", confia - t’il. Et d’ajouter, à l’adresse de Frédéric Chopin : " C’est un amour de longue date, aussi épuisant que l’on puisse imaginer, car il faut tout donner."

 

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Daniel Magne ( 1983 )

Il est des gens qui portent presque "physiologiquement" en eux un milieu particulier dans lequel ils évoluent avec un naturel qui semble héréditaire, et qui leur est est aussi nécéssaire que la nourriture de chaque jour : les marins, les montagnards, les hommes de chevaux, sont des exemples de cette catégorie.

Il en est ainsi de Milosz Magin qui ne "respire" que pour la musique, à tel point que lorsqu’il vous entreprend de son sujet, il n’y a plus moyen de l’arrêter.

Ce sympathique défaut est surtout révélateur d’une personnalité qui "brûle" sans cesse de s’exprimer par sa musique, sans concession, ni compromis aux modes ou à la carrière.

Les oeuvres de Milosz ont de vraies racines, fondamentales, presque primitives. L’aisance et la virtuosité du style ne peuvent cacher les sources culturelles : la Pologne et son folklore, un impressionisme rustique des images d’enfance, un chant vibrant pour une terre et un pays.

Milosz Magin est marié ; il a connu sa femme vers 18 ans, dans une école de ballet en Pologne. Elle est aussi pianiste, a fait ses études de beaux-arts, de peinture, et enseigne actuellement au Conservatoire de Suresnes.

Une de leurs filles est chanteuse lyrique, après avoir été danseuse classique professionnelle (Prix de Lausanne).

L’autre a fait des études de langues en Sorbonne, et ne vit plus aujourd’hui que pour ses chevaux et les concours hippiques.

Milosz Magin reçoit des élèves du monde entier et donne des cours à l’UMIP.

Il avoue quelques loisirs et goûts particuliers :

- Collection de pierres précieuses (dans la limite de ses moyens !).

- Il est sensible aux "belles femmes brunes", selon son expression, (qu’il ne collectionne pas précise-t-il !).

- Il aime le cinéma, surtout les films policiers.

Quand on sait qu’il fut vers 18 ans, pendant une année, le partenaire du magicien Balsamo, on n’est plus étonné de son talent à séduire un auditoire et à l’emporter dans le rêve.

A la question : " Quelle est la qualité que vous appréciez le plus chez les gens ? ". Il répond : "Avoir du coeur"

 

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...Il avait confié quelques jours auparavant, à propos de la Polynésie : " On ne peut pas mourir sans être venu ici ".

S.F. ( La Dépêche - 6 mars 1999 )

 

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